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Le meilleur écran retrogaming aujourd’hui ? CRT vs OLED 4K + Scalers

Écran Retrogaming


Dans le salon d’un passionné de jeux vidéo, deux objets s’affrontent souvent du regard. D’un côté, un monstre beige ou gris, cubique, pesant le poids d’un petit âne mort, bourdonnant légèrement à l’allumage avec cette odeur caractéristique d’électricité statique et de poussière chaude : le téléviseur à tube cathodique (CRT). De l’autre, une feuille de verre noire, immense, ultra-fine, fixée au mur comme une œuvre d’art contemporaine, capable d’afficher des noirs absolus et des couleurs vibrantes : le téléviseur OLED 4K (ou désormais 8K).

Pour le joueur de Fortnite ou de GTA VI, la question ne se pose même pas. Mais pour nous, les archéologues du pixel, les amoureux de la Super Nintendo, de la Neo-Geo ou de la Sega Saturn, le choix de l’écran retrogaming est le dilemme ultime.

Pendant des années, le dogme était simple : “Le CRT est roi, le LCD est poubelle”. Mais en 2026, la technologie a fait un bond de géant. Les “Scalers” (convertisseurs de signal) nouvelle génération et les dalles OLED ultra-rapides ont brouillé les frontières. Peut-on enfin obtenir une image “authentique” sur un écran plat ? Faut-il s’acharner à réparer des tubes vieux de 40 ans ? Analyse technique et sentimentale d’un duel au sommet.

Le CRT : Le Roi Indétrônable de l’Authenticité

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Commençons par le champion en titre, celui qui refuse de mourir. Le CRT (Cathode Ray Tube) n’est pas seulement un diffuseur d’image ; c’est une technologie pour laquelle les jeux de l’époque ont été spécifiquement conçus.

Quand les artistes de Capcom dessinaient les sprites de Street Fighter II ou ceux de Konami créaient Castlevania, ils ne dessinaient pas des carrés parfaits. Ils anticipaient la déformation naturelle du tube, le “baveux” des phosphores, les lignes de balayage (scanlines) qui assombrissent l’image une ligne sur deux. Sur un écran retrogaming moderne brut, ces pixels sont tranchants comme des rasoirs, révélant des défauts que le CRT masquait par sa “douceur” naturelle.

Le CRT offre trois avantages que la technologie numérique peine encore à égaler totalement en 2026 :

  1. Le Mouvement (Motion Clarity) : Le CRT fonctionne par impulsions. L’image est dessinée par un faisceau d’électrons qui balaye l’écran. Entre deux images, il y a du noir. Notre cerveau perçoit cela comme un mouvement parfaitement fluide. Les écrans plats (LCD/OLED) fonctionnent en “Sample and Hold” (l’image reste affichée jusqu’à la suivante), créant du flou de mouvement (Motion Blur) naturel pour l’œil humain.
  2. L’Input Lag Zéro : Le signal analogique est transmis à la vitesse de la lumière (ou presque) du câble à l’écran. Il n’y a aucun traitement numérique. Quand vous appuyez sur sauter, Mario saute. Immédiatement. C’est le feeling “organique” que recherchent les speedrunners.
  3. La Géométrie Variable : Un CRT peut changer de résolution nativement (240p, 480i) sans flou de mise à l’échelle.

Cependant, posséder un CRT en 2026 est un sacerdoce. Les tubes Sony Trinitron ou les moniteurs professionnels PVM/BVM (le Graal de l’écran retrogaming) se vendent à des prix indécents (1000 €, 2000 €, voire plus pour un BVM 20 pouces en état concours). Et surtout, ils meurent. Les condensateurs sèchent, la géométrie se déforme, les couleurs bavent. Maintenir un CRT en vie demande aujourd’hui des compétences d’ingénieur en électronique haute tension. C’est une passion coûteuse, lourde (essayez de monter un 36 pouces au 4ème étage sans ascenseur) et encombrante.

L’OLED 4K : La Technologie qui a tout changé

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Face à ces dinosaures, l’OLED (Organic Light-Emitting Diode) est arrivé comme le messie. Contrairement au LCD ou au QLED qui utilisent un rétroéclairage global (faisant virer les noirs au gris foncé), chaque pixel de l’OLED émet sa propre lumière. Noir = Pixel éteint.

Pour l’écran retrogaming, c’est une révolution. Pourquoi ? Parce que le contraste infini permet de simuler les “Scanlines” (lignes noires) sans perdre trop de luminosité globale. Sur un vieux LCD, activer un filtre scanline rendait l’image terne. Sur un OLED HDR 1000 nits de 2026, on peut insérer des lignes noires et garder une image éclatante, quasi identique à celle d’un tube.

De plus, le temps de réponse des pixels OLED est quasi instantané (0,03 ms). Fini les traînées fantômes (ghosting) des vieux écrans plats. Couplé à des taux de rafraîchissement de 120Hz, 144Hz ou 240Hz, l’OLED est la première technologie plate capable de rivaliser avec la réactivité du CRT.

Les Scalers : La Magie du Retrotink 4K et de l’OSSC Pro

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Mais brancher une Super Nintendo directement sur un OLED 65 pouces via un adaptateur péritel-HDMI à 10 euros reste une horreur visuelle (image floue, latence énorme). C’est là qu’interviennent les “Upscalers” haut de gamme.

En 2026, le marché est dominé par des boîtiers magiques comme le Retrotink 4K (conçu par le génie Mike Chi) ou l’OSSC Pro (Open Source Scan Converter). Ces appareils coûtent cher (entre 500 € et 1000 €), mais ils sont le cerveau indispensable de votre écran retrogaming moderne.

Que font-ils ?

  1. Line Doubling/Tripling : Ils prennent le signal 240p pouilleux de votre console et le multiplient proprement pour remplir votre dalle 4K sans aucun flou.
  2. Simulation de Masque (CRT Masks) : C’est la “Killer Feature”. Grâce à la résolution 4K, ces boîtiers peuvent dessiner, pixel par pixel, la structure physique d’un tube cathodique. Ils recréent les sous-pixels Rouge-Vert-Bleu (RGB), la grille “Aperture Grille” des Trinitron ou le “Shadow Mask” des téléviseurs grand public.
  3. Correction HDR : Ils utilisent la puissance lumineuse du HDR pour simuler l’éclat (le “Glow”) du phosphore excité par le faisceau d’électrons.

Le résultat ? Bluffant. En 2026, sur un OLED 4K bien réglé avec un Retrotink 4K, même un expert doit coller son nez à la vitre pour savoir s’il regarde un tube ou un écran plat. L’illusion est parfaite. On a le look “Authentique” sans le poids, sans le sifflement aigu (le 15kHz) qui perce les tympans, et avec une géométrie parfaite (pas de coins déformés).

Le Problème du Mouvement : Le BFI à la rescousse

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Il restait un dernier bastion à conquérir pour l’OLED : le flou de mouvement. Même avec des pixels rapides, la méthode d’affichage “Sample and Hold” créait du flou rétinien quand Mario courrait.

La solution s’appelle le BFI (Black Frame Insertion). L’écran retrogaming moderne insère une image noire entre chaque image de jeu. Cela trompe le cerveau et recrée l’effet stroboscopique du CRT. En 2026, les dalles OLED gèrent le BFI à 120Hz ou plus sans scintillement visible pour la plupart des gens, et sans perte dramatique de luminosité grâce aux dalles MLA (Micro Lens Array) ultra-lumineuses.

Cependant, certains utilisateurs restent sensibles à ce scintillement. Pour eux, le CRT reste plus doux. Mais pour 95% des joueurs, le couple OLED + BFI + Scaler offre une clarté de mouvement indiscernable de l’original.

Le Verdict : Quel est le meilleur Écran Retrogaming ?

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Alors, faut-il jeter votre PVM à la benne ou vendre un rein pour un setup OLED ?

Choisissez le CRT (Authentique) SI :

  • Vous êtes un puriste absolu. Vous voulez voir l’image exactement comme en 1992.
  • Vous jouez beaucoup aux jeux de tir au pistolet optique (Duck Hunt, Time Crisis). Attention : ces jeux NE FONCTIONNENT PAS sur OLED, même avec des scalers (sauf modifications lourdes type Sinden Lightgun). C’est l’avantage exclusif et définitif du CRT.
  • Vous avez une pièce dédiée (Gaming Room) et de la place.
  • Vous savez souder ou vous avez un réparateur compétent à proximité.
  • Le budget n’est pas un problème (pour les modèles haut de gamme).

Choisissez l’OLED 4K + Scaler (Moderne) SI :

  • Vous voulez jouer sur un grand écran (55, 65, 77 pouces). Le retrogaming sur un mur d’image est une expérience incroyable impossible avec un CRT (limité à 30-36 pouces max).
  • Vous voulez de la polyvalence : regarder Netflix, jouer à la PS5 et à la SNES sur le même écran retrogaming.
  • Vous détestez les réglages de géométrie et la maintenance.
  • Vous voulez une image parfaite, géométrique, lumineuse, qui ne vieillit pas (attention tout de même au marquage/burn-in de l’OLED sur les éléments fixes comme les scores, bien que les technologies de 2026 aient largement mitigé ce risque).

Conclusion : La fin de la guerre froide

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En 2026, la guerre est finie. Le CRT a gagné sa place au musée et dans le cœur des collectionneurs comme l’étalon-or, la référence absolue. Mais l’OLED 4K armé des scalers modernes a gagné la guerre du salon.

Aujourd’hui, nous avons le luxe du choix. Nous pouvons préserver l’histoire avec des tubes cathodiques restaurés, ou la sublimer avec des technologies futuristes qui rendent hommage au passé avec un respect maniaque.

Quel est le meilleur écran retrogaming ? C’est celui qui vous donne envie de relancer Zelda: A Link to the Past et d’y passer la nuit. Que ce soit devant le scintillement nostalgique d’un tube Sony ou devant la précision chirurgicale d’un LG ou Samsung dernière génération, l’important n’est pas le verre, mais l’aventure qu’il affiche. Mais soyons honnêtes : voir des pixels carrés gros comme le poing sur un LCD bas de gamme sans filtre… ça, c’est interdit par la convention de Genève du bon goût, même en 2026.

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