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Borne d’arcade originale : Le Top 5 des designs les plus fous de l’histoire du jeu vidéo

Lorsque l’on pense à une borne d’arcade originale, l’image classique d’un meuble en bois rectangulaire sombre, flanqué de side arts (les autocollants latéraux) colorés et surmonté d’un lourd écran cathodique vient immédiatement à l’esprit. Pourtant, l’âge d’or des salles d’arcade a été le théâtre d’une course à l’armement technologique et d’une créativité industrielle sans aucune limite.

À l’époque, les ingénieurs et les concepteurs cherchaient par tous les moyens physiques possibles à attirer l’œil du passant dans des salles bruyantes et saturées de néons. Il fallait proposer une immersion totale, sensorielle et physique, que le modeste téléviseur du salon ne pouvait absolument pas offrir. L' »Attract Mode » (le mode démonstration) ne se limitait plus à l’écran : c’était le meuble tout entier qui devait crier « Jouez avec moi ! ». Aujourd’hui, posséder une borne d’arcade originale au design atypique est devenu le rêve ultime (et souvent très coûteux) de tout collectionneur de prestige ou de passionné de rétrogaming voulant parfaire sa gaming room.

Le design d’un meuble d’arcade dédié ne servait pas qu’à faire joli ; il dictait fondamentalement la manière de jouer et d’interagir avec l’œuvre. Du cockpit hydraulique au meuble minimaliste japonais en résine, chaque constructeur avait sa propre vision de l’immersion. Voici notre sélection incroyable des cinq designs qui ont marqué l’histoire par leur audace, leur ingénierie et leur esthétique hors du commun.

5. La Computer Space (1971) : Le futurisme avant l’heure et la fibre de verre

BORNE D’ARCADE ORIGINALE


COMPUTER SPACE (1971)

Bien avant le succès planétaire de Pong, la toute première borne d’arcade originale produite en série affichait déjà un look digne d’un film de science-fiction des années 60. Conçue par Nolan Bushnell (qui fondera Atari peu de temps après) pour l’entreprise Nutting Associates, la Computer Space est un chef-d’œuvre absolu de design industriel.

Oubliez le bois aggloméré. Sa coque monobloc était entièrement moulée en fibre de verre, affichant des courbes organiques, fluides et presque extraterrestres. Pour couronner le tout, elle était peinte avec une finition « metal flake » (des éclats métalliques incrustés dans la peinture, souvent rouge, bleu ou vert scintillant), une technique empruntée à la culture des voitures custom californiennes.

C’est une borne d’arcade originale qui ressemble davantage à un accessoire échappé du plateau de tournage de Star Trek ou de 2001, l’Odyssée de l’espace qu’à un meuble de divertissement. Son design était si avant-gardiste qu’il a d’ailleurs été utilisé dans le film d’anticipation Soleil Vert (Soylent Green) en 1973 pour représenter la technologie du futur. Si le jeu en lui-même (un duel spatial complexe) fut un échec commercial car jugé trop difficile pour le public des bars de l’époque, son meuble symbolise à jamais l’optimisme technologique flamboyant des débuts de l’industrie.

4. La Sega Astro City (1993) : La perfection ergonomique de la « Candy Cab »

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SEGA ASTRO CITY (1993)

Au Japon, la conception de la borne d’arcade originale a pris un chemin radicalement différent au début des années 90 : celui de la standardisation luxueuse, de la résine immaculée et de l’ergonomie assise. C’est la naissance du standard « Candy Cab », et la Sega Astro City en est la reine incontestée.

Contrairement aux meubles occidentaux massifs en bois où le joueur restait debout (les fameux « Uprights »), l’Astro City est conçue en plastique et résine de fibre de verre blanche. Ses formes douces, arrondies et son panel incliné permettent aux joueurs de s’asseoir confortablement sur de petits tabourets pour de longues sessions de versus fighting (idéal pour Street Fighter II ou Virtua Fighter).

Elle embarquait surtout un immense écran cathodique Nanao de 29 pouces d’une qualité d’affichage légendaire, capable de pivoter (rotation tate/yoko) pour s’adapter aux jeux de tir verticaux (Shoot ’em up). L’Astro City est devenue l’icône absolue des Game Centers nippons. Pour beaucoup de puristes contemporains, c’est la borne d’arcade originale par excellence. Elle représente l’esthétique « propre », minimaliste et redoutablement efficace des années 90, s’intégrant aujourd’hui parfaitement dans des intérieurs modernes.

3. La Taito Darius (1986) : Le triple écran panoramique et l’acoustique vibrante

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TAITO DARIUS (1986)

Comment proposer une expérience visuelle plus large que le champ de vision humain de l’époque, bien avant l’invention des écrans plats ultrawide ? Les ingénieurs du studio Taito ont répondu avec une folie technique monumentale : la borne d’arcade originale dédiée du jeu Darius.

Ce meuble gigantesque intégrait non pas un, mais trois écrans cathodiques distincts. Pour éviter que les bords en plastique des téléviseurs ne coupent l’image, Taito a utilisé un système astucieux de demi-miroirs sans tain. Les écrans latéraux étaient placés dans le fond, tandis que l’écran central était orienté vers le bas, son image se reflétant sur le miroir pour s’aligner parfaitement avec les deux autres, créant ainsi une fresque panoramique sans la moindre coupure visible.

Jouer sur cette borne d’arcade originale, c’était être littéralement englouti dans un océan de pixels, affrontant des boss mécaniques géants en forme de créatures marines. De plus, le banc sur lequel les joueurs s’asseyaient était équipé du système « Body Sonic » : des transducteurs acoustiques intégrés dans l’assise qui faisaient vibrer tout le corps du joueur au rythme des basses de l’excellente bande-son de Hisayoshi Ogura. C’est un exemple de démesure technique sensorielle qui n’a presque jamais été égalé depuis.

2. La Star Wars Cockpit (Atari, 1983) : Dans la peau de Luke Skywalker

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STAR WARS COCKPIT (ATARI, 1983)

En 1983, Atari a frappé un grand coup dans l’industrie avec une borne d’arcade originale de type « Environmental » (environnementale), où le joueur ne se tenait pas devant la machine, mais s’asseyait littéralement à l’intérieur d’un habitacle fermé, coupé de la lumière et du bruit de la salle.

Ce cockpit aux couleurs de l’Alliance Rebelle vous plaçait directement aux commandes d’un chasseur X-Wing. Le panel traditionnel à boutons était remplacé par un Yoke (un manche de pilotage d’avion à deux mains), lourd et précis, équipé de multiples gâchettes. Visuellement, le jeu n’utilisait pas de pixels classiques, mais des graphismes vectoriels (des lignes lumineuses dessinées directement par le faisceau d’électrons), offrant une fluidité et une impression de vitesse phénoménales lors de l’attaque de la tranchée de l’Étoile de la Mort.

Mais l’immersion ne s’arrêtait pas là. Entendre les voix digitalisées d’Obi-Wan Kenobi (« Use the Force, Luke« ) ou de Dark Vador résonner en stéréo dans l’espace confiné du cockpit, pendant que les tirs de TIE Fighters fusaient autour de vous, était une expérience proprement révolutionnaire. C’est l’essence absolue de ce que doit être une borne d’arcade originale dédiée : non pas un simple jeu, mais une machine à voyager dans l’espace.

1. La Sega After Burner II (Commander) : Le mouvement total et la force centrifuge

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AFTER BURNER 2

La couronne du design le plus fou et le plus excessif revient incontestablement à Sega, et plus particulièrement au génial créateur Yu Suzuki, grand pionnier des bornes « Taikan » (mot japonais signifiant « sensation corporelle »). Si le modèle standard d’After Burner II (1987) était déjà impressionnant, le modèle Commander (souvent appelé version Deluxe) était une aberration merveilleuse d’ingénierie foraine.

Il s’agissait d’une borne d’arcade originale monumentale, montée sur de puissants vérins hydrauliques, capable de pivoter violemment sur plusieurs axes. Le joueur, obligatoirement attaché par une ceinture de sécurité digne d’une attraction de parc à thème, tenait un manche à balai inspiré des véritables avions de chasse F-14 Tomcat, avec une manette des gaz sur le côté gauche.

Lorsque vous viriez brusquement à gauche dans le jeu pour esquiver un missile ennemi, le meuble physique d’une tonne s’inclinait violemment et mécaniquement avec vous. Ce n’était plus seulement une borne d’arcade originale, c’était un authentique simulateur de vol militaire déguisé en jeu vidéo grand public. La complexité de ses moteurs, son coût exorbitant à l’achat et la maintenance infernale qu’elle réclamait en ont fait une rareté. C’est un chef-d’œuvre de brutalité et d’immersion qui reste, encore aujourd’hui, le sommet absolu de l’expérience arcade physique.

En conclusion

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Ces monstres de technologie et d’inventivité appartiennent à une époque révolue, celle où le jeu vidéo physique devait impressionner par sa taille, son poids et ses mécanismes pour justifier que l’on y glisse ses pièces de monnaie. Aujourd’hui, en 2026, si nos casques de réalité virtuelle offrent une immersion visuelle totale dans le salon, ils peinent souvent à reproduire la brutalité mécanique, la présence sculpturale et le charme social d’une véritable borne d’arcade originale. Ces cinq machines légendaires ne sont plus de simples « jouets » obsolètes ; elles ont légitimement acquis le statut d’œuvres d’art industriel, protégées et restaurées avec amour par des passionnés qui refusent de voir s’éteindre la magie des arcades.

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